Deuxième ville du Rhône avec plus de 65 000 habitants, Vénissieux occupe la plaine au sud-est de Lyon, entre le boulevard périphérique Laurent-Bonnevay et l'autoroute A46. Le sous-sol naturel y est celui de la plaine de l'est lyonnais : des alluvions fluvio-glaciaires sablo-graveleuses, très drainantes, au-dessus de la nappe de l'est. Mais à Vénissieux, ce sous-sol naturel commence rarement à la surface. Un siècle d'activité industrielle a laissé des remblais rapportés sur une bonne part du territoire, et c'est la première chose qu'un terrassier doit vérifier avant de chiffrer.
La commune s'organise autour de trois grands ensembles géographiques. Le plateau des Minguettes, au sud, domine la plaine d'une vingtaine de mètres et poursuit sa rénovation urbaine autour de Vénissy et des Clochettes. Le centre historique, autour de la mairie et de la place Léon-Sublet, garde un bâti ancien et des rues étroites. À l'est et au nord, la zone industrielle, le secteur du Puisoz et les usines de la vallée de la chimie rejoignent le parc de Parilly, partagé avec Bron. Entre les deux, des quartiers pavillonnaires comme le Moulin-à-Vent, le Charréard ou Max-Barel forment l'essentiel de notre activité chez les particuliers.
Terrasser sur un ancien terrain industriel change la méthode et le budget. Nous commençons par des sondages à la pelle pour lire la coupe réelle du terrain : épaisseur du remblai, nature des matériaux, présence de dalles ou de fosses enterrées. Un remblai hétérogène ne se compacte pas correctement et ne peut pas porter une fondation : il se purge et se remplace par un matériau granulaire. Les déblais sont alors triés sur site, car leur destination et leur coût d'évacuation dépendent de leur nature. Une terre inerte et un mélange chargé de bétons ne partent pas au même endroit, et le bordereau n'est pas le même.
L'autre contrainte vénissiane est la densité du réseau enterré. Gaz, électricité, chauffage urbain, eau, télécom et parfois canalisations industrielles se croisent sous les voiries, particulièrement autour de la zone industrielle et le long des grands axes. Chaque chantier commence donc par les déclarations DICT auprès des concessionnaires, et les abords des réseaux sensibles sont dégagés à la main. C'est plus lent, mais c'est ce qui évite la coupure de quartier et la facture qui va avec. Sur le plateau des Minguettes, la pente vers la plaine ouvre en revanche des possibilités d'évacuation gravitaire des eaux pluviales qu'on n'a pas en terrain plat.





