Roanne rassemble plus de 35 000 habitants sur la rive gauche de la Loire, au nord du département, entre les monts de la Madeleine à l'ouest et la côte roannaise. La ville marque le départ du canal de Roanne à Digoin et garde un port fluvial actif. Le sol, ici, n'a plus rien à voir avec les schistes du bassin stéphanois : la plaine roannaise est faite d'alluvions de la Loire, des sables et des graviers fins souvent surmontés de limons, avec des passées argileuses selon les secteurs. Un sol tendre, facile à ouvrir, et médiocre dès qu'il s'agit de tenir une paroi.
Les quartiers roannais se répartissent entre le centre ancien autour de la place de l'Hôtel-de-Ville, les faubourgs de Mulsant, Clermont et Bourgogne, le secteur de l'Arsenal et du Parc, et les franges pavillonnaires de Matel et de Paris-Bourgogne. La ville est ceinturée de communes avec lesquelles elle forme une agglomération continue, Riorges, Mably et Le Coteau sur la rive droite. Son passé textile et industriel a laissé de nombreux ateliers reconvertis, dont les démolitions et les reprises de dalles occupent une part de nos chantiers.
Terrasser dans les alluvions de la Loire demande deux réflexes. Le premier est le blindage : un sable fin, même apparemment cohérent en surface, s'éboule sans signe avant-coureur dès qu'une fouille dépasse un mètre trente, et plus encore quand un engin circule en crête. Le second est la surveillance du niveau d'eau. La nappe d'accompagnement du fleuve suit ses variations : un fond de fouille sec en août peut se trouver sous l'eau en mars. Nous relevons donc ce niveau avant de chiffrer, et prévoyons l'épuisement ou l'ancrage des ouvrages enterrés quand il le faut, une cuve d'assainissement vide pouvant littéralement remonter par flottaison.
La contrainte la plus mal connue des propriétaires est réglementaire. Une large part de la plaine roannaise relève d'un plan de prévention du risque inondation, qui encadre strictement les remblais et les exhaussements : régaler sur place les terres excédentaires d'un chantier, réflexe habituel ailleurs, y est souvent interdit parce que cela réduit le champ d'expansion des crues. Ce point se vérifie au dossier d'urbanisme avant le devis, car il déplace un volume entier du poste réemploi vers le poste évacuation. Nous préférons l'annoncer au chiffrage plutôt que de le découvrir la benne chargée.





