Romans-sur-Isère réunit plus de 33 000 habitants sur la rive droite de l'Isère, face à Bourg-de-Péage, à l'entrée de la plaine de Valence et au pied des premiers reliefs du Vercors. La ville est bâtie sur les terrasses alluviales de l'Isère, des plateaux étagés que la rivière a successivement abandonnés en s'enfonçant. Le matériau qui les compose est caractéristique : des galets roulés et des graviers grossiers, propres, très perméables, reposant plus bas sur la molasse miocène du bas-Dauphiné, un grès tendre jaune que l'on atteint dans les fouilles profondes.
Le tissu romanais se lit sur ces niveaux successifs. Le centre historique, autour de la collégiale et de la tour Jacquemart, occupe la terrasse basse près de la rivière, avec ses rues étroites et son bâti ancien. La Monnaie, Saint-Nicolas et les quartiers des Chasses et du Clos s'étendent sur les niveaux intermédiaires, et les Ors dominent sur la terrasse haute. Le passé de la ville dans la chaussure et la maroquinerie a laissé de nombreux ateliers désaffectés, dont les démolitions précèdent souvent nos terrassements, et Bourg-de-Péage forme avec Romans une agglomération continue de part et d'autre de l'Isère.
Travailler dans les galets a ses règles. Le creusement se fait sans brise-roche, ce qui est une bonne nouvelle, mais les alluvions grossières sont abrasives : elles usent les dents de godet et les lames bien plus vite qu'une terre ordinaire, et cela se prévoit dans l'organisation du chantier. Surtout, un galet roulé ne tient aucune paroi verticale. Les fouilles s'ouvrent au fruit ou se blindent, et les circulations d'engins restent à distance de la crête. Quand la fouille descend jusqu'à la molasse, le comportement change encore : sèche, elle se taille presque comme une roche tendre et porte bien ; détrempée, elle se délite et perd sa tenue en quelques heures, ce qui interdit de laisser une fouille ouverte sous la pluie.
Deux points complètent la méthode locale. La perméabilité des terrasses permet de gérer les eaux pluviales par infiltration à la parcelle sans ouvrage compliqué, ce qui simplifie les dossiers de permis, à condition de dimensionner le puits ou la tranchée sur une perméabilité mesurée au droit du projet. À l'inverse, les secteurs bas proches de l'Isère relèvent d'un plan de prévention du risque inondation qui encadre les remblais et les exhaussements : sur ces parcelles, les terres excédentaires ne se régalent pas sur place et partent en filière avec bordereau. Enfin, le passage d'une terrasse à l'autre crée des ruptures de pente parfois marquées, où une plateforme demande un soutènement plutôt qu'un simple talus.





