Mâcon compte environ 35 000 habitants sur la rive droite de la Saône, à la charnière de la Bourgogne et de la vallée du Rhône, traversée par l'A6. Sa particularité, pour un terrassier, tient à une frontière géologique qui passe au milieu de la commune. À l'est, le long du fleuve, s'étend la plaine alluviale du val de Saône : des limons, des sables et des argiles tendres, avec la nappe d'accompagnement du cours d'eau à faible profondeur. À l'ouest, le terrain remonte sur les premiers coteaux du Mâconnais, faits de calcaires durs, ceux-là mêmes qui portent le vignoble et qui culminent plus loin aux roches de Solutré et de Vergisson.
Cette dualité se retrouve dans les quartiers. Le centre, Saint-Clément, Marbé et les Blanchettes occupent la plaine ou le bas du versant. Flacé, Sennecé-lès-Mâcon, Saint-Jean-le-Priche et Loché, communes associées rattachées à la ville, montent sur le coteau viticole. La Chanaye et les Perrières font la transition. Autrement dit, deux chantiers mâconnais séparés de trois kilomètres peuvent demander des moyens entièrement différents, et c'est pourquoi nous ne chiffrons jamais une intervention ici sans avoir sondé le terrain.
En plaine, le travail ressemble à celui de toute vallée alluviale : sol tendre à ouvrir facilement, mais faible portance des limons, nécessité de purger et de substituer sous une plateforme, blindage des fouilles profondes, et surveillance du niveau d'eau. Le val de Saône connaît des crues lentes mais étendues, encadrées par un plan de prévention du risque inondation qui limite les remblais et les exhaussements. Comme ailleurs, ce point se vérifie au dossier d'urbanisme avant le devis, car il change la destination des terres excédentaires.
Sur le coteau, tout s'inverse. Le calcaire porte remarquablement bien, ne tasse pas et tient des parois verticales, ce qui réduit la largeur des tranchées et supprime le blindage. Mais il ne se creuse pas au godet : dès qu'il est compact, il faut le brise-roche hydraulique, avec un rendement de l'ordre de dix mètres de tranchée par jour au lieu de trente. En contrepartie, concassé sur place, il donne un excellent fond de forme pour un accès ou une plateforme, et les murets de pierre locale se réemploient en aménagement. La pente des parcelles viticoles impose enfin de penser le drainage des eaux de ruissellement avant de décaisser quoi que ce soit.





