Saint-Étienne compte plus de 170 000 habitants et s'étire dans la vallée du Furan, entre le massif du Pilat au sud et les monts du Forez au nord-ouest, à des altitudes qui vont de 400 à plus de 1 100 m sur le territoire communal. Aucune ville du réseau ne présente un sous-sol aussi éloigné de celui de la plaine lyonnaise. Ici, pas d'alluvions faciles : la ville est assise sur le bassin houiller de la Loire, un empilement de grès, de schistes et de veines de charbon, avec des terrains granitiques sur les hauteurs.
Le relief structure les quartiers et complique chaque chantier. Bellevue, Montreynaud, Le Soleil et Tarentaize s'étagent sur les versants ; Châteaucreux et le centre occupent le fond de vallée ; Rochetaillée et Saint-Victor-sur-Loire, rattachés à la commune, tiennent de la montagne plus que de la ville. Une parcelle stéphanoise affiche couramment 10 à 20 % de pente, ce qui signifie qu'une plateforme ne s'obtient pas en raclant quelques centimètres mais en déblayant puis en retenant la terre. Les crassiers du Puits Couriot et de Michon rappellent au passage ce que l'extraction a déposé en surface.
Terrasser dans la roche change les moyens et le budget. Un grès houiller compact ne se prend pas au godet : il se casse au brise-roche hydraulique, un travail lent, bruyant, qui se chiffre au mètre cube extrait et non au mètre cube foisonné. Le matériau obtenu ne se comporte pas non plus comme de la terre : criblé, il fait un excellent fond de forme pour un accès ou une plateforme, ce qui permet souvent de réduire l'évacuation ; non criblé, il ne remblaie rien correctement. Nous sondons donc systématiquement avant de chiffrer, parce que la différence entre roche à 70 cm et roche à 2,50 m se compte en milliers d'euros.
Deux précautions restent propres à Saint-Étienne. La première est l'aléa minier : d'anciens travaux souterrains et des remblais de comblement existent sous une partie du territoire, et les secteurs concernés sont cartographiés. Dans ces zones, l'étude géotechnique préalable n'est pas une formalité, elle fixe les profondeurs et le mode de fondation, et nous nous y tenons sans interprétation. La seconde tient aux remblais anthropiques de schistes, parfois épais, qu'on rencontre sur les anciennes emprises industrielles : ils sont trompeurs, car ils ressemblent à un sol en place tout en étant incapables de porter une semelle sans substitution.





